Mea culpa : peut-on pardonner l’impardonnable?
Peut-on tout pardonner, même le plus ignoble des crimes? Peut-être pas, mais certains croient qu'une démarche de justice réparatrice peut aider les victimes d'actes criminels à tourner la page. C’est du moins le pari que fait Bérénice, la protagoniste de la nouvelle série Mea culpa, diffusée à compter de mardi soir sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV. Bérénice, incarnée par Mélissa Désormeaux-Poulin, travaille comme médiatrice dans un centre de justice réparatrice, un concept assez peu répandu qui se présente comme un complément à la justice pénale. Son travail consiste à favoriser le dialogue entre les victimes d’actes criminels et les personnes qui les ont commis afin de réparer les torts causés et de favoriser la réhabilitation sociale des accusés. Elle n’a pas choisi ce métier par hasard : 25 ans plus tôt, lors d’une fête de fin de session, elle a été témoin d’une agression brutale qui a coûté la vie à son amie Vania (Lou Thomson) et l’usage de ses quatre membres à un autre ami, Rémi (Dany Boudreault). Elle est maintenant confrontée au meurtrier David Fraser (Maxim Gaudette), qui a obtenu sa libération conditionnelle après 23 ans passés derrière les barreaux. La série en 12 épisodes d’une heure est écrite par Chantal Cadieux et réalisée par Myriam Bouchard, qui ont toutes deux vécu un féminicide dans leur entourage à différents moments de leur vie. Bérénice (Mélissa Désormeaux-Poulin), Rémi (Dany Boudreault), Marie-Dominique (Jessica Barker) et Lysanne (Cynthia Wu-Maheux) soulignent le 25e anniversaire de la mort de Vania (Lou Thompson), leur amie d’adolescence. Photo : Eric Myre Chantal Cadieux est consciente que le sujet de Mea culpa risque de diviser le public. Cette division se fait d’ailleurs sentir chez les personnages eux-mêmes, qui réagissent tous différemment au concept de justice réparatrice. Il y a par exemple Lysanne (Cynthia Wu-Maheux), l’amie graphiste qui demeure très sceptique par rapport à la possibilité de réhabilitation de David et, à l’autre bout du spectre, Rémi, qui est ouvert à entreprendre une démarche de médiation avec son agresseur même si ce dernier l’a confiné à un fauteuil roulant. Maxim Gaudette dans le rôle de David Fraser, un meurtrier qui tente de se réhabiliter après un quart de siècle passé derrière les barreaux. Photo : Radio-Canada Même si la série présente la justice réparatrice comme un outil supplémentaire offert aux victimes et à leurs agresseurs, elle n’est jamais envisagée comme un substitut à la justice pénale. Elle en serait plutôt le prolongement, selon l’actrice. Chantal Cadieux insiste aussi pour dire que le pardon n’est pas nécessairement au cœur de la démarche. Le pardon n’est pas la finalité de ça, ce n’est pas obligatoire du tout. On ne peut pas tout pardonner, mais on peut sans doute accepter des choses pour continuer à vivre et vivre mieux, tous ensemble. La série Mea culpa met aussi en vedette Jessica Barker dans le rôle de Marie-Dominique Ross, femme et aidante naturelle de Rémi, ainsi que Sacha Charles, Marie-Thérèse Fortin et Marcel Leboeuf. Plusieurs jeunes acteurs et actrices complètent la distribution dans de nombreux retours en arrière (ou flashbacks) qui reviennent sur la soirée fatidique de 1999. Outre Lou Thomson dans le rôle de Vania, on retrouve aussi Rosalie Pépin (la jeune Bérénice), Léokim Beaumier-Lépine (le jeune David Fraser), Catherine Simon (la jeune Marie-Dominique), Kevin Raymond-Jean (le jeune Rémi) et Inès Desfossés (la jeune Lysanne). La chimie entre les jeunes interprètes, dont certains vivaient leur première expérience de plateau, est palpable. Lou Thomson dans le rôle de Vania et Inès Desfossés dans celui de la jeune Lysanne Photo : Sphère media La série Mea culpa est présentée à compter de mardi à 20 h sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV. Les personnes abonnées à ICI Tou.tv Extra pourront également visionner chaque semaine l’épisode suivant en primeur dès le mardi à 21 h. Avec les informations de Nabi-Alexandre ChartierLa première fois que j’ai écrit un texte, c’était suite à un féminicide qui est arrivé dans mon cercle rapproché, alors que j’avais 14 ans. J’ai écrit le film Elles étaient cinq (2004), mais là, ce qui me parlait, c’était de savoir comment ça se passe 25 ans plus tard
, a expliqué Chantal Cadieux lors du visionnement de presse de la série, lundi, à Radio-Canada.
Ouvrir la discussion autour d’un sujet polarisant

Chantal Cadieux a eu l’intelligence de nous faire un cheminement qui est différent. Je pense que chaque personne qui va regarder Mea culpa va pouvoir dire : "Ah oui, moi je réagirais comme ça"
, explique Mélissa Desormeaux-Poulin.C’est très polarisant comme sujet, mais le fait d’ouvrir la discussion, de ne pas faire semblant que ça n’existe pas, c’est déjà un avancement.
Un groupe de jeunes tissé serré

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